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Les temps forts de l’été


Publié le 26 juil. 2022 à 18:49Mis à jour le 26 juil. 2022 à 18:50

La nouvelle équipe d’Elisabeth Borne, son discours de politique générale, l’interview du 14 juillet d’Emmanuel Macron, les premiers débats de la nouvelle Assemblée inédite issue des législatives, les mesures d’urgence pour le pouvoir d’achat, la septième vague de Covid, un nouvel épisode de canicule et des incendies exceptionnels… retour sur les temps forts de l’actualité économique et politique depuis le début de l’été. Avec des liens vers les décryptages des spécialistes du service France des « Echos ».

· Emmanuel Macron remanie sans élargir sa majorité

Le gouvernement autour d’Emmanuel Macron, le 4 juillet, dans les jardins de l’Elysée.WITT/SIPA

C’est par un simple communiqué que l’Elysée a complété le 4 juillet le gouvernement d’Elisabeth Borne, en confirmant voire en renforçant les poids lourds politiques venus de la droite, en changeant quelques ministres de place, en intégrant des élus locaux mais aussi des techniciens issus de la société civile, de nombreux parlementaires et d’anciens ministres. Damien Abad a, lui, été débarqué.

Lors du premier Conseil des ministres de cette nouvelle équipe, Emmanuel Macron a pris « acte de l’absence de volonté des partis de gouvernement de participer à un accord de gouvernement » et appelé l’équipe d’Elisabeth Borne à « beaucoup de volontarisme, d’ambition », « d’esprit de responsabilité pour bâtir des compromis exigeants ».

· Elisabeth Borne dévoile sa méthode et sa feuille de route

Elisabeth Borne à la tribune de l'Assemblée nationale, lors de son discours de politique générale le 6 juillet.

Elisabeth Borne à la tribune de l’Assemblée nationale, lors de son discours de politique générale le 6 juillet.Christophe Ena/AP/SIPA

Un hémicycle gonflé à bloc, quelques huées et invectives, pour un discours axé sur le « compromis » : c’était l’ambiance des grands jours le 6 juillet à l’Assemblée nationale pour la déclaration de politique générale d’Elisabeth Borne .

Pendant une intervention de près de 1h30, la Première ministre a fait front. Cette technicienne réputée tenace a reconnu qu’elle ne correspondait « peut-être pas au portrait-robot que certains attendaient », et a revendiqué de ne pas avoir « le complexe de la femme providentielle ». Elle a répété à maintes reprises le mot « ensemble ». En gage de cette volonté, elle a pris le soin de citer les noms des différents présidents de groupes politiques , à l’exception du RN et de LFI.

Elisabeth Borne a dévoilé sa feuille de route : le pouvoir d’achat d’abord, le plein-emploi ensuite. Elle n’a pas éludé le sujet des retraites, mais là encore, elle a assuré qu’il y aurait un dialogue renforcé. Elle a promis des « réponses radicales à l’urgence écologique », confirmé que l’Etat allait monter à 100 % dans le capital d’EDF et annoncé la déconjugalisation de l’allocation adulte handicapé demandée avec insistance par les associations et les oppositions.

Sa déclaration de politique générale ne s’est pas conclue par un vote de confiance. En réaction, l’alliance de gauche Nupes a déposé une motion de censure, rebaptisée « motion de défiance ». Débattue le 11 juillet, elle a été rejetée.

· Interview du 14 Juillet : Macron prépare les Français à un automne difficile et se donne un cap

Emmanuel Macron, interviewé depuis les jardins de l'Elysée, le 14 juillet.

Emmanuel Macron, interviewé depuis les jardins de l’Elysée, le 14 juillet.Jacques Witt/SIPA

Pour la deuxième fois seulement depuis son arrivée à l’Elysée en 2017, Emmanuel Macron s’est livré cette année à la traditionnelle interview du 14 juillet. Avec pour tenter de redonner un cap à son second mandat. Il a prôné une « accélération » de la transition écologique avec un « plan de sobriété » énergétique cet été. Il a rappelé son « cap » avec le plein-emploi et un texte sur le travail dès la fin de l’été ainsi que des discussions sur les retraites à partir de cet automne. Pour avancer sans majorité absolue, le chef de l’Etat a évoqué l’arme du référendum et confirmé vouloir lancer à la rentrée le Conseil national de la refondation.

· Macron et l’affaire « Uber files »

Une vaste enquête montre qu'Uber a eu recours à des pratiques brutales et a « enfreint la loi » pour s'imposer malgré les réticences des politiques et des taxis.

Une vaste enquête montre qu’Uber a eu recours à des pratiques brutales et a « enfreint la loi » pour s’imposer malgré les réticences des politiques et des taxis.Nam Y. Huh/AP/SIPA

Le 10 juillet, le Consortium international des journalistes d’investigation a dévoilé une vaste enquête, les « Uber files » , qui montre que l’entreprise a eu recours à des pratiques brutales et a « enfreint la loi » pour s’imposer malgré les réticences des politiques et des taxis. Emmanuel Macron, accusé d’avoir favorisé l’implantation de la société de VTC en France quand il était ministre de l’Economie de François Hollande entre 2014 et 2016, en entretenant des liens privilégiés avec elle, est pris dans la tourmente.

« Scandale d’Etat », « révélations accablantes », « pillage du pays »… la gauche a fait feu de tout bois contre Emmanuel Macron quelques heures seulement après les révélations. Plusieurs parlementaires demandant la création d’une commission d’enquête parlementaire.

L’Elysée a rappelé qu’un ministre est « naturellement amené à échanger avec de nombreuses entreprises ». Interrogé le 12 juillet, Emmanuel Macron s’est dit fier d’avoir contribué à ce qu’Uber s’installe en France. « Je l’assume à fond. (…) J’ai fait venir des entreprises, j’ai aidé des entrepreneurs français, j’ai surtout aidé des jeunes, à qui on n’offrait pas d’emplois, qui venaient de quartiers difficiles », a-t-il déclaré.

· Pouvoir d’achat : une batterie de mesures pour soutenir les ménages frappés par l’inflation

Le gouvernement s'est donné comme objectif de faire progresser de 0,5 % le pouvoir d'achat des Français malgré l'explosion de l'inflation.

Le gouvernement s’est donné comme objectif de faire progresser de 0,5 % le pouvoir d’achat des Français malgré l’explosion de l’inflation.Vincent Loison/SIPA

Le 7 juillet, après des semaines d’attente, le gouvernement a dévoilé son arsenal de mesures en faveur du pouvoir d’achat pour soutenir les ménages frappés par l’inflation. Parmi celles-ci : les revalorisations anticipées de 4 % des pensions de retraite et des prestations sociales, l’augmentation de 3,5 % du point d’indice des fonctionnaires, un chèque alimentaire de 100 euros, auquel il faudra ajouter 50 euros par enfant, la prolongation de la remise carburant et du bouclier tarifaire sur l’énergie, la suppression de la redevance ou encore le triplement de la prime Macron.

Ces mesures sont inscrites dans deux textes : un projet de loi portant mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat et un projet de loi de Finances rectificative pour 2022. Ce « paquet » pouvoir d’achat est en débat au Parlement depuis le 18 juillet. Pour le faire voter, le camp Macron, privé de majorité absolue à l’Assemblée, doit fréquemment chercher des appuis au coup par coup face aux assauts parfois conjugués des oppositions.

L’adoption définitive de ces deux projets de loi, à l’issue d’une navette avec le Sénat, est programmée au 7 août.

Le gouvernement et Total ont décidé de prolonger la ristourne à la pompe.

Le gouvernement et Total ont décidé de prolonger la ristourne à la pompe.Adil Benayache/SIPA

Les remèdes contre la flambée des prix à la pompe ont notamment fait l’objet de nombreux débats ces dernières semaines. Le gouvernement plaidait pour que la ristourne pour tous, déjà en vigueur, soit prochainement remplacée par une indemnité réservée à environ 11 millions de foyers. Mais face à la détermination des oppositions, un compromis a dû être trouvé entre la majorité présidentielle et Les Républicains : il s’agit d’augmenter la remise de 18 à 30 centimes d’euros par litre en septembre et octobre , puis à 10 centimes en novembre et décembre, et de reporter le dispositif d’indemnité, que la droite qualifiait « d’usine à gaz ».

Par ailleurs face au spectre d’une taxe sur les « superprofits » ou « bénéfices exceptionnels » des grandes multinationales de transport de marchandises ou pétrolières, qui bénéficient d’une rente de situation depuis la guerre en Ukraine, les deux groupes particulièrement visés – TotalEnergies et CMA-CGM – ont annoncé le 22 juillet de nouvelles ristournes. Le géant pétrolier français va ainsi appliquer une remise à la pompe de 20 centimes par litre entre septembre et novembre dans toutes ses stations-service, puis à 10 centimes par litre sur le reste de l’année.

· Une vague de chaleur exceptionnelle

Adil Benayache/SIPA

Conséquence visible du changement climatique, un nouvel épisode caniculaire s’est abattu mi-juillet sur la France. Le deuxième cette année, après l’épisode très précoce et intense du mois de juin. La moyenne des températures maximales le 19 juillet sur la France (dans 30 stations de référence sur tout le territoire) a été la deuxième plus élevée jamais enregistrée, avec 37,6°C, après le 5 août 2003, qui avait culminé à 37,7°C, au coeur d’une canicule historique et meurtrière. Le thermomètre est monté jusqu’à 42,6°C à Biscarrosse, dans les Landes. Au total 64 records absolus de chaleur sont tombés , principalement le long de la façade atlantique, jusqu’en Seine-Maritime où 38,2°C ont été atteints au Cap de la Hève, au nord du Havre.

Près de Villars-les-Dombes, dans l'Ain.

Près de Villars-les-Dombes, dans l’Ain.KONRAD K./SIPA

En parallèle, la sécheresse s’est installée sur la France . « Le mois de juillet 2022 sera très probablement le mois de juillet le plus sec jamais enregistré depuis 1958 », en raison d’un fort déficit en précipitations, a indiqué le 26 juillet une porte-parole de Météo-France à l’AFP. Au 25 juillet, 90 départements étaient placés en état d’alerte et concernés par au moins un arrêté préfectoral limitant certains usages de l’eau. Des restrictions qui vont de l’interdiction d’arrosage des jardins à certaines heures à un arrêt des prélèvements non prioritaires y compris des prélèvements à des fins agricoles.

· La forêt de Gironde ravagée par de méga feux

Les cinq campings de la dune du Pilat, d'où 6.000 vacanciers avaient été évacués, ont été détruits.

Les cinq campings de la dune du Pilat, d’où 6.000 vacanciers avaient été évacués, ont été détruits.NICOLAS MATHYS/ZEPPELIN/SIPA

Le Sud-Ouest a subi les pires conséquences de cette vague de chaleur, avec deux gigantesques incendies en Gironde. Douze jours et treize nuits ont été nécessaires pour fixés ces méga feux . Jusqu’à 3.000 pompiers de Gironde et 1.200 autres venus de 60 départements ont été mobilisés. Plus de 7.000 hectares de forêt ont brûlé à La Teste-de-Buch, près du bassin d’Arcachon. Cinq maisons, un restaurant, une discothèque, les cinq campings de la dune du Pilat, d’où 6.000 vacanciers avaient été évacués, ont été détruits. A Landiras, à 40 km au sud de Bordeaux, 13.800 hectares de pins ont brûlé.

D’autres régions peu habituées aux incendies, comme la Bretagne, ont également été touchées. Près de 1.400 hectares de végétation sont partis en fumée dans les Monts d’Arrée (Finistère). Le vignoble de Bourgogne, mondialement réputé, a aussi connu des frayeurs. Une dizaine d’hectares de pins ont brûlé au-dessus des vignes de Vosne-Romanée et Nuits-Saint-Georges.

Dans le Sud et en Corse, l’accès à de nombreux massifs forestiers est interdit en raison du risque élevé d’incendies.

· La septième vague de Covid en reflux mais…

Le gouvernement recommande de remettre le masque « dans les lieux de promiscuité » et « espaces clos », notamment dans les transports.

Le gouvernement recommande de remettre le masque « dans les lieux de promiscuité » et « espaces clos », notamment dans les transports.Michel Euler/AP/SIPA

En cette fin juillet, la septième vague de l’épidémie de Covid-19 est en reflux dans toute la France métropolitaine, mais les hospitalisations restent à un niveau élevé et les décès continuent à augmenter. Après six semaines d’affilée de hausse, « la circulation du SARS-CoV-2 a diminué sur l’ensemble du territoire » la semaine du 11 au 17 juillet, « néanmoins toujours à un niveau très élevé », avec environ 90.000 nouveaux cas quotidiens, a observé Santé publique France lors de son point hebdomadaire le 22 juillet. Cette vague est portée par des sous-variants d’Omicron, notamment BA.5, désormais majoritaire.

La « pandémie n’est pas terminée » et il y a « urgence à vacciner les populations les plus âgées/et ou fragiles qui n’ont pas encore reçu leur quatrième dose », a prévenu le Conseil scientifique dédié à la gestion de la crise du Covid-19 dans un dernier avis publié le 21 juillet. Le groupe de scientifiques va laisser la place à partir d’août à un « comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires ».

Le 20 juillet le gouvernement a décidé d’étendre le deuxième rappel de vaccins « aux adultes âgés de 18 à 60 ans identifiés comme étant à risque de forme grave de Covid, aux femmes enceintes et aux personnes vivant dans l’entourage de personnes vulnérables ou immunodéprimées ». Cet élargissement concerne environ 5 millions de personnes, ce qui porte à environ 17 millions le nombre de Français éligibles à cette seconde dose de rappel. Jusqu’à présent, seuls les plus de 60 ans et les personnes immunodéprimées y avaient accès.

Par ailleurs, le Parlement a adopté définitivement le 26 juillet, par un ultime vote du Sénat, un projet de loi réécrit par la droite , qui met explicitement fin au 1er août au passe sanitaire et autres mesures d’exception contre le Covid-19, mais prévoit un possible test obligatoire aux frontières.

Autre point très polémique, la question de la réintégration des soignants non vaccinés. Selon le texte, l’obligation vaccinale des soignants sera suspendue dès que la Haute Autorité de santé jugera qu’elle n’est plus justifiée, et les personnels soignants non vaccinés seront alors « immédiatement réintégrés ».

Ce ne sera en tout cas pas pour demain. La HAS a pris les devants le 22 juillet en se disant « favorable au maintien de l’obligation de vaccination contre (le) Covid-19 des personnels exerçant dans les établissements de santé et médico-sociaux ».

· Les pénuries de main-d’oeuvre au plus haut

La note de conjoncture de la Banque de France publiée le 12 juillet indique que les pénuries de main-d’oeuvre s’aggravent de mois en mois . En juin, 58 % des entreprises interrogées par l’institut monétaire étaient concernées, soit une hausse de 3 points sur un mois. C’est, selon la Banque de France, « le plus haut niveau jamais atteint » depuis le printemps 2021, date à laquelle la question a commencé à être posée. Tous les secteurs sont touchés.

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